EN CLAIR #9 | Le bilan : Développement économique
- Forza Aiacciu !

- 2 mars
- 6 min de lecture
L’économie comme ossature du projet de territoire
L’enjeu, pour Ajaccio et le Pays ajaccien, n’est pas d’empiler des politiques publiques jusqu’à les rendre indistinctes. L’enjeu est exactement inverse : éviter la juxtaposition, mettre fin à la multiplication des interlocuteurs et rendre l’action publique accessible, utile.
Dans cette vision, l’économie n’est pas une politique isolée. Elle est au service du projet de ville, du projet de territoire, parce qu’elle conditionne tout le reste : l’emploi, le logement, la mobilité, la transition écologique, la qualité de vie, l’identité et le rayonnement.
Cette stratégie s’appuie d’abord sur un constat : le Pays ajaccien est le territoire le plus dynamique de Corse. Sa croissance économique suit la même trajectoire.
La CAPA concentre environ un tiers des emplois insulaires et l’emploi a progressé en moyenne de +1,4 % par an entre 2010 et 2020, représentant 5 900 emplois supplémentaires.

Ces chiffres structurent le territoire.
Mais, ils ne prennent pleinement sens que s’ils se traduisent en opportunités concrètes et durables pour celles et ceux qui vivent ici.
C’est pourquoi le territoire s’est doté d’une véritable stratégie d’attractivité, fondée sur un principe : s’ouvrir à l’espace euro-méditerranéen tout en revendiquant son atout majeur, celui d’être une terre d’entreprises et d’entrepreneuriat. L’objectif central est de consolider le rôle déterminant du Pays ajaccien dans le rayonnement économique de la Corse, en valorisant ses atouts, en attirant talents et investissements et en renforçant son image à l’échelle insulaire, nationale et internationale.
Cette stratégie repose sur un diagnostic complet, croisant analyse objective du territoire, perception qualitative de son attractivité et comparaison avec des territoires dynamiques. Elle a permis d’identifier des forces : une puissance touristique affirmée, une qualité de vie déterminante, un tissu économique dense avec 9 500 entreprises représentant 23 % des entreprises corses, une économie multisectorielle mêlant tourisme, construction et industrie, et une dynamique entrepreneuriale soutenue, adossée à un écosystème structuré autour d’acteurs tels que la M3E.
Mais un diagnostic n’a de valeur que s’il conduit à une méthode.
Les espaces de l’entrepreneuriat : une ville qui facilite, héberge et fait grandir
Le premier pilier consiste à bâtir une véritable armature économique territoriale où chaque lieu joue un rôle précis et où l’entrepreneuriat devient une trajectoire : de l’idée à l’accompagnement, de l’hébergement à la croissance.
Au cœur de cette armature, la Cité Grossetti occupe une place centrale. Elle illustre une ambition : transformer un site en outil économique, puis un outil économique en écosystème.
La CAPA a acquis et réhabilité la caserne Grossetti pour en faire un instrument stratégique de développement du tissu économique territorial, à hauteur d’environ 7 M€. Sa vocation est explicite : accompagner les entreprises, encourager l’innovation et consolider un pôle local d’excellence, notamment dans le secteur du numérique.
La Cité Grossetti déploie 3 400 m² d’espaces dédiés à l’innovation, héberge 16 entreprises et enregistre un chiffre d’affaires annuel de 265 711 €, en progression de 38 %.

Mais au-delà des volumes, c’est sa fonction qui importe : pépinière, hôtel d’entreprises, coaching, résidences, ateliers. Elle constitue une plateforme intégrée où accompagnement, réseau et montée en puissance se conjuguent au service des entreprises locales.
Cette dynamique se mesure aussi dans l’accompagnement des porteurs de projets : 111 en 2022, 114 en 2023, pour près d’une centaine d’entreprises créées chaque année. Ce flux continu traduit une réalité :
à Ajaccio, des idées deviennent des entreprises, puis des entreprises deviennent des employeurs.

Cette logique se diffuse.
L’ambition est de mailler le territoire, en déployant l’activité sur plusieurs sites — Grossetti, Castellani, puis Mezzana, la Citadelle, la Miséricorde, le Finosello — et demain, au plus près des quartiers prioritaires.
Mezzana : le foncier stratégique comme levier de souveraineté économique
Un territoire peut avoir des talents et des projets ; s’il ne dispose pas du foncier nécessaire pour les accueillir, il limite mécaniquement son développement.
Mezzana répond précisément à cet enjeu.
Conçue non comme une zone d’activités "standard", mais comme un projet stratégique associant économie, mobilité et environnement, la ZAE s’étend sur 10,5 hectares.
Elle comprend un parc d’activités économiques de 26 419 m² orienté vers les industries vertes, en cohérence avec « Corse Territoire d’Industrie », ainsi qu’un Pôle d’Échange Multimodal de 7 175 m² intégrant une légumerie et des espaces dédiés à l’entrepreneuriat.

Mezzana incarne une approche intégrée : mobilité durable, soutien aux circuits courts, structuration d’un foncier adapté aux filières stratégiques, implantation d’un centre de tri et de valorisation et d’une déchèterie, contribuant à l’économie circulaire et à la gestion optimisée des flux à l’échelle intercommunale.
Durabilité et résilience : produire et employer autrement
Le deuxième pilier vise à faire de la transition écologique un moteur économique.
Promouvoir l’économie circulaire, développer les circuits courts, soutenir une agriculture qualitative pour alimenter les cantines, verdir les chantiers du BTP, structurer les filières d’énergies renouvelables : autant d’actions destinées à renforcer la résilience du territoire et à créer des emplois non délocalisables.
Jeunesse, emploi et formation : offrir à nos jeunes la possibilité de rester et de réussir ici, chez eux
La jeunesse constitue un capital stratégique.
Permettre aux jeunes Ajacciens de vivre et travailler ici suppose de structurer une offre de formation, y compris dans le supérieur et de développer une politique active d’accompagnement, notamment dans les quartiers.
Former, employer, innover localement, tout en restant ouvert sur l’espace euro-méditerranéen : tel est le cercle vertueux recherché.
Tourisme : une économie de séjour structurée
Depuis le début de la mandature, nous avons fait un choix essentiel : considérer le tourisme comme un secteur majeur de l’économie du territoire et le penser comme une véritable économie de séjour, capable de contribuer durablement au développement économique, social et culturel.
Lorsqu’elle est pensée par l’offre, par l’identité et par la coopération, l’économie de séjour crée de la valeur à l’année, au bénéfice des habitants comme des acteurs économiques.
Pour porter cette ambition, la Ville s’est appuyée sur l’Office Intercommunal de Tourisme du Pays d’Ajaccio, opérateur stratégique de la CAPA. Le cap fixé était clair : faire de l’économie de séjour un moteur de création de valeur toute l'année, fondé sur l’identité ajaccienne et l’expérience vécue, accessible à toutes les clientèles, y compris locales.
Loin d’une logique de massification, l’OIT a déployé une véritable politique de l’offre, construite avec les filières locales (hôtellerie, restauration, artisanat, culture, agriculture, transport, événementiel...).
City Pass Pays d’Ajaccio, visites guidées, expériences exclusives, séjours thématiques, programmation événementielle et boutique de créateurs ont structuré une offre génératrice de retombées régulières pour près de 400 partenaires, contre 60 en 2014.
La stratégie de développement d’un tourisme basé sur la qualité et l’expérience s’avère donc payante.

La mandature a également été marquée par une régulation des meublés de tourisme, pensée pour préserver l’accès au logement des Ajacciens, permettre un complément de revenus dans un cadre sécurisé et garantir une concurrence loyale avec les partenaires hôteliers.
La modernisation digitale de l’OIT a renforcé la performance économique du territoire, avec une hausse sensible de la fréquentation, des ventes et des recettes de taxe de séjour, tout en visant à réduire progressivement la part de financement public.
La Citadelle : un facteur d’attractivité majeur, mais un patrimoine placé sous haute surveillance
La Citadelle incarne cette convergence entre patrimoine protégé, économie et tourisme. Avec 400 000 visiteurs en 2023, elle est devenue un lieu vivant, symbole d’une ville qui se réapproprie son histoire pour construire son avenir.
Elle est appelée à devenir un quartier à part entière, connecté au centre-ville, mêlant culture, artisanat, hospitalité, formation, services publics... afin de créer de la valeur toute l’année et de rester utile et accessible aux habitants autant qu'à nos visiteurs.
Perspectives 2026
En matière de développement économique, la prochaine mandature visera à renforcer et compléter l’armature territoriale déjà engagée. La réalisation d’espaces dédiés aux entreprises à la Citadelle, à la Miséricorde et à Mezzana permettra d’élargir l’écosystème entrepreneurial et d’offrir de nouvelles capacités d’implantation, d’accompagnement et de croissance.
L’objectif : multiplier les lieux où les projets peuvent naître, se structurer et se développer, mais aussi simplifier le parcours des chefs d’entreprises et des porteurs de projets.
Sur le plan touristique, l’ambition est d’approfondir le modèle d’économie de séjour en développant plus fortement le tourisme d’affaires et de congrès. Il s’agira de structurer une offre d’accueil de séminaires, de rencontres professionnelles et d’événements économiques tout au long de l’année, afin de consolider l’attractivité annualisée du territoire et de renforcer les retombées économiques pour l’ensemble des filières locales.
Ainsi, la stratégie engagée se prolongera dans une logique de consolidation et d’amplification :
davantage d’espaces pour entreprendre,
davantage d’opportunités pour travailler dans sa ville,
davantage d’événements pour faire vivre la ville toute l’année,
et une ouverture à l’économie verte et bleue, pour diversifier le champs des possibles en matière économique, en faisant du développement durable une marque de fabrique du pays ajaccien.




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