EN CLAIR #5 | Le bilan : politique sociale, une Ville attentive à tous ses quartiers
- Forza Aiacciu !

- il y a 3 jours
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La politique sociale d’une collectivité s'apprécie à sa capacité à prévenir les ruptures, à protéger les plus vulnérables et à coordonner, dans la durée, l’action des institutions et des associations sur son territoire.
Depuis 2020, la Ville d’Ajaccio et la Communauté d'Agglomération du Pays ajaccien (CAPA) ont fait de la cohésion sociale une politique structurée, territorialisée et évaluée, en articulant les grands outils publics (Contrat de Ville, Cité éducative, CIAS...) et en renforçant leurs actions de proximité.
Une politique de la ville renouvelée

La mandature a marqué un renforcement de la Politique de la Ville*, avec l’intégration des quartiers Cannes–Salines et du Nord Rocade (Bodiccione, A Mandarina, Alzo di Leva) dans la géographie prioritaire afin de mobiliser des moyens renforcés et concentrer l’action publique sur les fragilités, là où elles se font ressentir.
Concrètement, cette politique se traduit par des dispositifs qui agissent sur le quotidien : réussite éducative, insertion professionnelle, cadre de vie, soutien au tissu associatif et animations de quartier…
Dans cette logique, la CAPA et la Ville assument une stratégie de prévention, de développement des actions d’accès au droit, de lutte contre l’illettrisme et d’appui à la participation citoyenne.
*Politique de la Ville : programme public dédié aux quartiers prioritaires pour réduire les inégalités et renforcer la cohésion sociale.
L’éducation comme colonne vertébrale sociale : le Projet Éducatif Local “Zitelli d’Aiacciu”
La Ville a franchi une étape structurante en formalisant son Projet Éducatif Local 2025-2028, “Zitelli d’Aiacciu”, premier du genre à cette échelle en Corse. L'objectif : penser le parcours de l’enfant et du jeune comme un continuum de 0 à 25 ans, en coordonnant mieux les acteurs de terrain.
Le diagnostic préalable réalisé sur les actions municipales a montré un point de fragilité classique des politiques publiques : beaucoup d’actions pertinentes, mais un besoin de coordination accrue, de mise en cohérence et d’objectifs partagés. Le PEL répond précisément à cela en structurant l’action autour de grands parcours (citoyenneté, lecture, réussite scolaire, culture, loisirs, santé, environnement, numérique, sport, langue et culture corse, parentalité, insertion professionnelle...) et en donnant à voir, de manière transparente, tout l'environnement éducatif local disponible.
Cette stratégie est pleinement cohérente avec la Cité éducative, outil national qui renforce l’accompagnement éducatif des 0-25 ans dans les quartiers prioritaires en organisant une alliance locale entre institutions, associations, familles et habitants.
Elle s’appuie aussi sur le label 100% EAC, qui reconnaît notre volonté de garantir à tous les jeunes un accès universel à la culture à travers un parcours structuré, partenarial et évalué.

Sur le terrain, cela se traduit notamment par une montée en puissance de la réussite éducative : le DRE, dispositif ciblant les enfants fragilisés, dépasse désormais les 450 accompagnements annuels, avec une tendance de hausse continue sur les dernières années, et un travail consolidé de parentalité (ateliers, sorties parents/enfants, aides ciblées). Les clubs “Coup de Pouce” participent à l’objectif de consolidation des apprentissages fondamentaux dès les premières années de scolarité.
La politique éducative se traduit aussi par une attention forte à la transmission culturelle et linguistique : A Festa di a lingua, les actions immersives, l’accompagnement des agents et les projets structurants de signalétique scolaire s’inscrivent dans une logique de continuité.
Jeunesse : prévenir les ruptures, créer des perspectives
La prévention des ruptures chez les jeunes est au cœur du volet social. Cela passe par des dispositifs structurants et, surtout, par des outils concrets qui remettent les jeunes en mouvement.
Les chantiers éducatifs FALEP constituent un exemple emblématique : 33 chantiers réalisés en 2024, 54 jeunes bénéficiaires, soit une progression notable par rapport à l’année précédente. C’est un levier d’insertion et de responsabilisation qui redonne du cadre et une première expérience valorisable.

L’ouverture de la Maison des Adolescents en 2024 marque un jalon majeur pour le territoire : 209 jeunes reçus, dont 159 pris en charge individuellement, et un accompagnement parental renforcé. L’intérêt est d’organiser une prise en charge globale, intégrant psychologie, gestion des émotions, relations familiales, prévention des conflits et équilibre alimentaire.
Dans les quartiers, l’action s’appuie aussi sur des équipements et dispositifs de proximité qui maintiennent le lien social et recréent du collectif : centres sociaux, médiathèques, programmes d’animation, médiation culturelle (Micro-Folie aux Jardins de l’Empereur, par exemple), et le bibliobus, qui va chercher les publics là où ils sont.

L’action en faveur des jeunes s’appuie également sur la Mission Locale d’Ajaccio, partenaire essentiel de la CAPA pour l’accompagnement des 16-25 ans. Elle assure un suivi individualisé vers la formation et l’emploi, tout en proposant un accompagnement global en matière de mobilité, de santé, d'accès au logement ou d'accès aux droits.
Protéger les publics vulnérables : une politique articulée avec la sécurité du quotidien
La protection des personnes vulnérables est une politique à part entière, articulée avec les outils de prévention, de justice, et de sécurité du quotidien.
Dans le cadre de notre lutte contre les violences faites aux femmes, Casa Donna* est un dispositif essentiel : 642 femmes ont été accueillies en 2024, dans un cadre sécurisé et confidentiel.

Le poste d’intervenante sociale en commissariat et en gendarmerie constitue également un progrès concret pour les victimes. Présente directement au sein des services de police, cette professionnelle accompagne les personnes dès le dépôt de plainte : elle les écoute, les informe sur leurs droits, les aide dans leurs démarches administratives et les oriente vers les structures adaptées (hébergement, soutien psychologique, aide juridique).
Depuis 2023, 157 personnes ont été reçues (dont deux tiers de femmes) avec un objectif : éviter que les victimes ne repartent seules après un signalement, sécuriser leur situation et coordonner immédiatement les acteurs sociaux et associatifs autour d’elles.
Cette action s’inscrit dans une stratégie plus large de prévention et de protection menée à l’échelle du territoire. La Ville et la CAPA travaillent en coordination avec l’État, la justice et les forces de l’ordre à travers des instances locales (cellule prévention radicalisation, Groupes de Partenariat Opérationnel, Comité Local d’Aide aux Victimes, GLTD) qui permettent de partager l’information et d’agir rapidement face aux situations sensibles, qu’il s’agisse de violences, de radicalisation ou de troubles à l’ordre public.
Cette stratégie comprend également le développement des Travaux d’Intérêt Général (TIG). Un poste spécifique a été créé pour accompagner les personnes concernées dans la réalisation de leurs heures de TIG au sein des services municipaux ou associatifs. L’objectif n’est pas seulement l’exécution d’une sanction, mais l’inscription dans un véritable parcours de réinsertion, avec un suivi individualisé et une remise en contact avec le monde du travail.
*Casa Donna : lieu d’accueil dédié aux femmes victimes de violences, offrant écoute, accompagnement social, psychologique et orientation vers des solutions de protection.
Le CIAS : le socle du service public social, de l’urgence à l’accompagnement
Le Centre intercommunal d'action sociale (CIAS) est le cœur opérationnel de la solidarité territoriale. Sa mission n’est pas seulement d’aider ponctuellement, mais de prévenir la rupture, maintenir le lien social et accompagner les parcours de vie, en lien étroit avec les associations et les partenaires publics.
Pour nos aînés, l’action est essentielle et régulière.
Le service de portage de repas à domicile atteint en moyenne 130 repas livrés par jour sur l’ensemble des communes de la CAPA. Le dispositif est complété par des actions de transport à la demande, de visites de courtoisie, de prévention canicule et grand froid, et de “paniers de la solidarité”.

Au-delà de l’aide, le CIAS structure une politique de vie sociale : environ 70 activités différentes proposées sur l’année (culturelles, sportives, bien-être, créatives, numériques, pleine nature... ), des animations de quartier, et des événements réguliers (Semaine Bleue, Téléthon, Orange Days, etc.), avec une logique : rompre l’isolement et recréer du collectif.
Pour les familles, le soutien à la parentalité est également très concret, avec des actions dédiées dès la petite enfance : dispositifs comme Parent’aise, ateliers d’éveil, yoga en famille, mais aussi l’action du Relais Petite Enfance (ancien RAM), qui informe, accompagne et conseille les parents dans le choix et l’organisation des modes de garde.
Ces dispositifs permettent de sécuriser les parcours dès les premières années de l’enfant, de soutenir les parents dans leurs responsabilités éducatives et d’éviter que des difficultés économiques, administratives ou relationnelles ne se transforment en ruptures éducatives ou sociales.
Le CIAS joue aussi un rôle central sur les problématiques liées au logement, notamment via un lieu d’accueil commun dédié aux demandes et à l’orientation, et un accompagnement des ménages fragiles pour éviter les basculements.
Enfin, le mandat a aussi consisté à reconnaître les limites structurelles de notre action : l’errance progresse, la question des personnes accompagnées d’animaux complexifie l’accès à l’hébergement, et la prise en charge des situations mêlant grande précarité et troubles de santé mentale demeure un défi croissant. Ce constat n’est pas une résignation. Il nous conduit à travailler étroitement avec l’État, les services de santé, la justice et les associations spécialisées pour améliorer la coordination, fluidifier les parcours et adapter les dispositifs existants. Mais chacun doit en avoir conscience : ces problématiques dépassent le seul cadre communal et nécessiteront, à l’avenir, des moyens humains et financiers supplémentaires à l’échelle nationale comme locale.
Handicap et accessibilité : une mandature d’avancées concrètes, un cadre unifié
La Ville et la CAPA ont franchi un cap en créant un cadre unique issu de la fusion de la charte “Ville-Handicap” et du programme “Territoire 100% inclusif”, avec une gouvernance partagée associant un large réseau d’acteurs et d’associations.

Cette politique d’inclusion irrigue l’ensemble des politiques publiques et agit sur toute la chaîne du quotidien : accessibilité numérique, mobilité et transport, accessibilité des bâtiments et des espaces publics, logement, emploi, petite enfance, éducation, culture, sport, action sanitaire et sociale, formation...
Les progrès sont concrets : près de 200 places de stationnement réservées ont été créées ou adaptées, 63 bâtiments municipaux ont été rendus accessibles, et la mise en conformité des arrêts de bus se poursuit, avec environ deux tiers d’entre eux déjà accessibles. La tarification sociale des transports a également été maintenue et consolidée afin de garantir un accès équitable aux déplacements.
Dans le champ scolaire et éducatif, des avancées significatives ont également été engagées : accueil d’enfants en situation de handicap dans des centres de loisirs, mise à disposition d’AESH sur le temps méridien en partenariat avec l’Éducation nationale, formation renforcée des personnels de la petite enfance à l’accueil du handicap et au repérage précoce des troubles du spectre de l’autisme, en lien avec les structures compétentes.
Ces progrès constituent une étape importante, mais ils ne sont pas un aboutissement. L’inclusion est un mouvement continu et permanent. Dans les prochaines années, nous poursuivrons et amplifierons ces efforts pour aller toujours plus loin, afin que chaque habitant, quelles que soient ses fragilités, puisse vivre, se déplacer, apprendre et s’épanouir pleinement.
Santé, santé mentale, alimentation : agir sur les déterminants de la cohésion
La cohésion sociale dépend aussi de la santé et de l’accès à une alimentation digne. Le territoire s’est doté de cadres de coordination, notamment via le Contrat Local de Santé 2023-2026, avec des ateliers participatifs mobilisant de nombreuses structures, et une trajectoire vers un Conseil Local de Santé Mentale, copiloté avec l’hôpital de Castellucciu, avec un axe particulièrement sensible : les addictions.
Sur le volet alimentaire, la stratégie vise à articuler justice sociale, santé publique, développement économique local et environnement. Elle s’appuie d’abord sur des dispositifs de solidarité concrets portés par le CIAS, comme l’épicerie solidaire et la boutique puériculture, qui permettent aux familles aux revenus modestes d’accéder à des produits alimentaires et de première nécessité à coût réduit, tout en bénéficiant d’un accompagnement social.
Elle se traduit également par le soutien aux associations d’aide alimentaire, l’accompagnement de l’installation de maraîchers via des espaces-tests agricoles, et des projets structurants comme la légumerie et la conserverie, afin de valoriser les productions locales, réduire le gaspillage et renforcer l’approvisionnement de la restauration collective.
Logement : un pilier central de la cohésion sociale
La politique sociale ne peut être dissociée de la question du logement.
L’accès à un logement digne, abordable et adapté constitue l’un des déterminants majeurs de la stabilité familiale, de la réussite éducative et de l’insertion professionnelle.
Dans le cadre du Programme Local de l’Habitat 3 (PLH3), la CAPA prévoit la production de 4 550 logements sur six ans, dont 2 034 logements sociaux et 1 920 logements abordables, avec un effort particulier porté sur Ajaccio et sur les petites typologies destinées aux jeunes actifs et aux familles modestes.
Cette stratégie s’accompagne d’un engagement financier de 8,7 millions d’euros pour soutenir la production de logements sociaux et la maîtrise foncière.
En parallèle, 4,5 millions d’euros seront consacrés à l’amélioration de l’habitat privé, afin de lutter contre la précarité énergétique, adapter les logements au vieillissement et réhabiliter les copropriétés fragilisées.
Plus d'informations : 🔎 EN CLAIR #3 | Logement : préserver nos espaces naturels, répondre aux besoins essentiels
Le nouvel hôpital : un engagement politique déterminé au service de tous

Même si la compétence hospitalière ne relève pas directement des collectivités, la Ville et la CAPA se sont fortement mobilisées pour accompagner et faire aboutir le projet du nouveau Centre hospitalier Notre-Dame de la Miséricorde, en assumant le caractère structurant de cet équipement pour la prise en charge et la réponse aux besoins sanitaires du territoire. Cet engagement est aujourd’hui un acquis majeur de la mandature.
Conclusion
Ce bilan social ne se limite pas aux dispositifs d’accompagnement ou aux chiffres de la prévention, il traduit notre volonté de faire de la cohésion sociale une politique transversale, qui irrigue toutes les actions menées au quotidien par la Ville et la CAPA. Il s'agit, quotidiennement, et quels que soient les projets, d'anticiper les fragilités, prévenir les ruptures et garantir à chacun (enfant, jeune, famille, senior, personne en situation de handicap...), sa place dans la cité.




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