COMMUNIQUE : Jean-Paul Carrolaggi, le choix de la calomnie
- Forza Aiacciu !

- 9 févr.
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Les démocraties ne se fragilisent pas tant par l’excès de débats que par leur dégradation.
Force est de constater que la situation ne connaît aucune amélioration et certaines campagnes électorales offrent, hélas, une illustration toujours plus saisissante de cette dérive.
Les dernières déclarations de Jean-Paul Carrolaggi s’inscrivent pleinement dans cette logique : faute de propositions pour Ajaccio, la calomnie devient un substitut commode au projet.
L’accusation portée contre la majorité municipale d’organiser des inaugurations prétendument illégales, jusqu’à viser l’ouverture du nouveau Conservatoire de musique, de danse et d’art dramatique Henri Tomasi, relève d’une méconnaissance confondante de la réglementation, pourtant abondamment commentée et balisée. Les textes existent, la jurisprudence est constante et la réalité administrative ne se plie pas aux indignations de circonstance, fussent-elles répétées avec aplomb.
Mais cet épisode n’est, au fond, qu’un prétexte. Car le cœur du sujet est ailleurs.
Ce qui est navrant, dans la parole de Jean-Paul Carrolaggi, ce n’est pas tant ce qu’il dit que la manière, résolument décomplexée, avec laquelle il l’assène, comme si la force de son prêche suffisait à tenir lieu de démonstration.
Ce qui est navrant, surtout, c’est la constance avec laquelle il franchit allègrement les frontières du débat démocratique pour s’aventurer sur le terrain, glissant, de la dénonciation.
La répétition confine à la monotonie. Depuis des mois, les mêmes procédés sont à l’œuvre : des accusations lancées sans preuve, des amalgames soigneusement entretenus, disséminés dans les médias, au commissariat de police ou lors des conseils municipaux, du moins ceux auxquels il a bien voulu assister.
À chaque fois, il ne s’agit plus de convaincre, ni même de contester un projet ou une orientation. Il s’agit de disqualifier moralement l’adversaire, comme si le mensonge pouvait tenir lieu de programme politique.
Cette façon de procéder n’a rien d’anecdotique.
Elle pourrait, à première vue, laisser indifférent tant elle semble relever de la polémique ordinaire. Mais cette banalité apparente masque en réalité des manœuvres autrement plus préoccupantes. Car elle procède d’une vision profondément inquiétante de la vie publique, où l’on multiplie les signalements et les mises en cause, persuadé que l’accumulation finira par produire l’effet escompté.
Une politique de la délation plus que de la délibération, ce qui est, reconnaissons-le, un paradoxe savoureux pour quelqu’un qui ambitionne de présider un conseil municipal, lieu par excellence de la délibération collective.
Et là encore, il serait tentant de sourire de cette frénésie si elle ne révélait pas, en creux, une conception profondément autoritaire du rapport à l’adversité politique.
Car derrière la posture bravache et les grandes proclamations morales se dessine une incapacité manifeste à accepter le pluralisme, la contradiction et, plus encore, la légitimité démocratique de celles et ceux que le suffrage universel a portés aux responsabilités.
À ce jeu dangereux, l’histoire, y compris la plus récente, nous a appris combien il était périlleux de confondre l’adversaire avec l’ennemi.
Notre équipe n’ignore pas ces méthodes. Elle y est confrontée depuis longtemps.
Mais elle a toujours choisi une autre voie : celle du travail, de la livraison et de l’inauguration d’équipements attendus, de l’amélioration concrète des services publics et de la responsabilité assumée devant les Ajacciens.
Elle laisse volontiers à d’autres le goût amer de la rancœur.
Quant aux accusations répétées et infondées, si elles venaient à se renouveler, elles suivraient naturellement leur chemin là où elles doivent être traitées : devant les juridictions compétentes. Contrairement à ce que semble croire Jean-Paul Carrolaggi, le monopole de la saisine des tribunaux ne lui appartient pas… pas encore ! Même s’il faut reconnaître qu’en la matière, il a déjà pris une certaine avance.
Car il faut tout de même dire un mot de cette singulière fascination qu’entretient Jean-Paul Carrolaggi pour la dénonciation aux autorités, comme si l’appel permanent à des instances extérieures constituait, à ses yeux, l’aboutissement naturel du combat politique.
Peut-être serait-il opportun, à ce stade, d’inviter Jean-Paul Carrolaggi à suspendre un instant l’agitation, à reprendre souffle et à se souvenir que la politique locale se nourrit d’abord de projets, d’idées structurées et de vision pour le territoire.
En matière de vision, et pour conclure sur une note positive, il en est au moins une que nous partageons sans réserve : ce sont bien les Ajacciens, souverains dans leur choix, libres dans leur jugement et seuls légitimes à trancher par le suffrage, qui jugeront.




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