PLU d’Ajaccio : la ville de demain sera une ville-nature

Mis à jour : 13 févr. 2020




COMPRENDRE LA DÉMARCHE


          Le Plan Local d’Urbanisme est un outil d’aménagement du territoire, qui délimite les secteurs de la ville appelés à être construits ou préservés. Bien plus qu’un plan, c’est un document qui interroge notre ville : ses richesses, ses faiblesses, les besoins de sa population ; pour identifier, via le Plan d’Aménagement et de Développement Durable, et pour décliner, via le zonage et son règlement, les solutions et les actions à engager pour préserver et valoriser la commune : réorganisation des quartiers, requalification des parcs et jardins, protection des boisements, soutien à l’agriculture…

          Depuis 2013, Ajaccio dispose d’un PLU d’ancienne génération. Prévu à l’origine pour apporter une solution à la crise du logement que traversait la ville, c’est un document qui est principalement dédié à la construction.

          Parce que la ville ne peut légalement pas s’opposer à la délivrance de permis de construire quand son PLU le permet, la municipalité a fait le choix de faire un nouveau PLU, rationnel et respectueux de son environnement, qui sera soumis au Conseil municipal lundi prochain.

          Ajaccio est une ville qui a connu de profonds bouleversements au cours de son histoire et les changements qu’elle traverse aujourd’hui en sont un ultime épisode. Conscient de cet état de fait, nous ne pouvons néanmoins pas "figer la ville". La transformation urbaine d’Ajaccio est indispensable car l’évolution, c’est le sens de l’histoire, mais pas à n’importe quel prix. Notre vision du progrès voit passer la réponse aux besoins de la population par le prisme de la protection de l’environnement et de la préservation de notre identité.



AFFIRMER DE GRANDS CHOIX POLITIQUES



          Rédiger le Plan Local d’Urbanisme, c’est, avant tout, l’opportunité de matérialiser la vision politique du territoire, de porter une ambition et, dans notre cas, de dresser le portait d’Ajaccio pour les 15 prochaines années. Perte de dynamisme, vieillissement de l’habitat, congestionnement des grandes artères, minéralisation, le diagnostic de départ, indispensable à toute démarche de planification, est assez sévère. C’est à partir de ces constats, associés à l’urgence climatique, que nous avons formalisé nos choix pour l’avenir d’Ajaccio.


3 grandes missions se sont ainsi révélées prioritaires à nos yeux :

- Protéger et mettre en valeur les espaces naturels et agricoles ;

- Améliorer le fonctionnement de la ville ;

- Promouvoir un développement équilibré et répondre aux carences en logements sociaux.

          Ces orientations clarifiées, nous étions en mesure de les intégrer au PADD, Plan d'Aménagement et de Développement Durable, qui est un document "clé de voûte" de notre PLU. En véritable feuille de route, il a su poser les bases de notre projet de transformation urbaine, « Ajaccio 2030 », dont les objectifs de lutter contre la dévitalisation du centre-ville et de replacer Ajaccio au centre du jeu européen, s’articulent avec l’affirmation du rôle de capitale régionale, méditerranéenne, influente et dynamique.



Les grands principes retenus

- Poser un postulat partagé de la croissance démographique de la commune :

En accord avec les services de l’État et les associations et après prise en compte des avis de la population dans le cadre de l’enquête publique, l’hypothèse de croissance démographique retenue par le PLU a été revue à 0,9% d’habitants en plus par an, soit une population de 81 800 habitants en 2035 contre 70 900 en 2019.

- Limiter l’étalement urbain sur les zones naturelles et agricoles, tout en répondant aux besoins de la commune en matière de logements et de développement économique.

- Maîtriser davantage la consommation foncière et sortir de l’urbanisme d’opportunité qui a impacté l’image de la ville et participé au dysfonctionnement urbain : nous avons réduit de 70% les surfaces constructibles par rapport à l’ancien PLU. Pour la première fois sur la commune, des Orientations d’Aménagement et de Programmation ont été tracées pour imposer aux futurs promoteurs des exigences de qualité des quartiers de demain (jardin partagés, voies piétonnes, stationnement peu impactant, espaces de loisirs et de convivialité, …).

- Protéger les vastes espaces naturels, en interdisant les constructions nouvelles et en permettant des aménagements liés aux activités sportives et de loisirs. Préserver les équilibres biologiques et valoriser les trames vertes et bleues : nous avons ajouté 272 hectares de zones naturelles et nous avons mis en place des nouveaux dispositifs réglementaires pour faciliter l’aménagement des parcs et jardins de la ville. Au-delà du positionnement de certains secteurs en « espaces naturels », nous avons aussi classé les espaces boisés, en raison de leur fonction écologique et leur fonction sociale (en offrant aux habitants des lieux de détente et d’observation de la nature).

- Maintenir les exploitants agricoles sur la commune et contribuer à l’autonomie alimentaire de la Corse. Avec 1263 hectares au total, les surfaces agricoles ont été augmentées de 111 hectares et la commune a localisé plus de 1600 hectares d’Espaces Stratégiques Agricoles (ESA).

- Organiser l’accueil des nouveaux arrivants tout en maîtrisant la croissance de la commune pour les 15 prochaines années. Garantir une urbanisation apaisée et améliorer l’accès à la ville : la chronologie du développement de la ville a été modifiée. En premier lieu et à court terme : requalifier les quartiers. En second lieu et à moyen terme, réinvestir le quartier de l’ancien hôpital, d’une part, et aménager une continuité et des passerelles entre les quartiers Nord Rocade pour y dessiner une qualité de ville, d’autre part. Enfin, et seulement si le besoin se manifeste, créer de nouveaux quartiers. Cette dernière option ne pourra être engagée que si la démonstration est faite du manque de place en ville et passera par une révision du PLU assortie d’une nouvelle enquête publique et d’une longue phase de concertation et co/construction.

- Favoriser la mixité générationnelle et anticiper les effets d’une population qui évolue en faveur des tranches d’âge plus âgées, qui ont des besoins en termes de rapprochements des centres de vie, de services d’aide médicale, etc : le PLU a été enrichi d’emplacements réservés pour favoriser les services de proximité et les déplacements doux.