Discours de Laurent Marcangeli : Journée Méditerranéenne de l’air - les ports -




Monsieur le Député, Président de Qualitair Corse, Monsieur le Président d’Atmosud, Monsieur le Conseiller Exécutif, Madame la Vice-Présidente de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Mesdames et messieurs les élus, Mesdames, Messieurs, Bonjour à tous, Dans un premier temps, je voudrais remercier les organismes Qualitair Corse et Atmosud qui me permettent d’intervenir aujourd’hui sur un sujet qui me touche particulièrement, tout autant qu’il alerte les Ajacciens et les habitants de l’agglomération toute entière. Voilà plusieurs années que je me suis saisi du sujet de la qualité de l’air, à Ajaccio, en son Port, mais aussi en Corse et à toutes les échelles. Votre événement donne un nouvel écho à une tribune que j’ai signé en début d’été, dans laquelle je sollicitais la tenue d’urgence d’une table-ronde des institutions locales compétentes, pour améliorer de manière significative la qualité de l’air dans le port d’Ajaccio. Pour être tout à fait sincère, cette 2ème « Journée Méditerranéenne de l’air » offre un nouvel écho à mon engagement pour l’environnement, amorcé quand j’étais Député et que interpellais déjà le Gouvernement précédent sur l’avenir de la centrale du Vazzio. La Corse se trouve à un moment clé de sa transition énergétique. Et il est grand temps. Un rapport du Ministère de l'Environnement, publié le 21 janvier dernier, conclut que la pollution particulaire causée par le transport maritime provoque chaque année 6000 décès prématurés en Méditerranée. La pollution de l’air par les navires suscite de plus en plus d’inquiétudes, tandis que des solutions existent déjà, quand d’autres émergent. Le simple fait de choisir un carburant contenant moins de 0,1% de soufre permettrait de réduire les émissions de particules de 95%. Ces carburants sont disponibles depuis longtemps mais ne sont pas utilisés car beaucoup plus chers… Heureusement, dès 2020, aucun carburant de navire ne pourra contenir plus de 0,5% de soufre. C’est un premier pas. À partir de 2021, les nouveaux navires devront également respecter les limites d'émissions d'oxydes d'azote. Pendant ce temps, des navires fonctionnent déjà à l’électricité en Norvège et en Chine… Attention néanmoins de ne pas stigmatiser la navigation maritime : vous le savez, les polluants atmosphériques sont omniprésents. Ils sont d’ailleurs étroitement liés au changement climatique. Maintenant que nous avons identifié notre ennemi, il est temps de prendre des mesures, à toutes les échelles. D’autant que les avantages économiques de la lutte contre la pollution de l’air sont considérables : dans les 15 pays qui émettent le plus d'émissions de gaz à effet de serre, l'impact de la pollution atmosphérique sur la santé leur coûterait + de 4% de leur PIB. Alors que faire ? Nous faisons tous partie du problème. Les entreprises, les bâtiments publics et les ménages représentent environ la moitié de toutes les émissions de monoxyde de carbone. Mais cela signifie aussi que nous faisons tous partie de la solution. En acceptant de petits changements à nos vies, chacun d’entre nous peut contribuer à l’amélioration de la qualité de l'air. Gérer ses déchets ; Se déplacer avec conscience ; Utilisez les transports en commun, faire du vélo ou marcher ; Envisager de passer à un véhicule hybride ou électrique ; Repenser sa consommation d'énergie… Mais surtout, appeler au changement ! Appeler les dirigeants locaux à adopter des mesures concrètes. Soutenir les politiques qui renforcent les normes d'émissions dans les Ports. C’est pour cela que les instruments de gestion de la qualité de l’air que vous déployez, Qualitair, Atmosud, sont indispensables à ce changement. Sans eux, notre objectif commun, protéger la santé et le bien-être de l'homme, des animaux, des plantes, de notre écosystème tout entier, est inatteignable. Et nos politiques publiques, irréalisables. Enfin, sans un cadre politique approprié et une législation adéquate, il nous sera difficile de faire évoluer les choses. Mais ceci est de ma responsabilité et de celles de mes collègues décideurs, encore une fois, à toutes les échelles. Comptez sur moi pour poursuivre ce combat ! Je terminerai par citer une définition, celle du rapport « Brundtland » à propos du développement durable, décrit ainsi : "un développement qui répond aux besoins du présent, sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs". Ce principe me semble être le meilleur moyen de marier une politique environnementale intelligente avec le développement économique de nos territoires portuaires. Je vous remercie.






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